Ce verset de trois concepts dans la version originale (grec donc) m’a intéressé depuis hier. C’est le Bon Berger (du Chap.10), loin d’être un mercenaire se donne la courage de pleurer en public encore. Celui qui s’est déclaré la Résurrection et la Vie, et appelle à la foi en sa Parole (Jn 11, 25-27). On dirait un sapeur pompier ! En réalité, Dieu se montre grand dans la faiblesse.
Cette larme qui anticipé alors la Résurrection. En fait, il était capable de réveiller Lazare sans pleurer, oui, c’est possible mais il choisi d’étaler sa communion, sa participation et volonté de mener la même vie ( à l’état naturel) avec les siens.
Cependant, l’auteur lui coller un verbe privé qui lui est propre. Il n’ait quelqu’un dans la Bible qui a pleuré comme Lui.
En effet, le verbe grec ἐδάκρυσεν (edákrysen) utilisé en Jean 11,35 pour dire « Jésus pleura » est un terme significatif qui mérite une analyse approfondie, tant linguistique que théologique.
1. Analyse linguistique
Le verbe ἐδάκρυσεν est la forme aoriste du verbe δακρύω (dakryō), qui signifie « verser des larmes », « pleurer silencieusement » ou « être ému aux larmes ».
C’est un Aoriste actif indicatif. En fait, l’aoriste en grec exprime une action ponctuelle, un événement spécifique et achevé. Ici, cela signifie que Jésus a pleuré à un moment précis, en réaction à la douleur environnante.
Il existe deux verbes qu’on peut traduire par pleurer. Il s’agit Dakryō et Klaió (κλαίω).
En effet, κλαίω (klaió), désigne un pleur bruyant, un gémissement audible (comme celui de Marie en Jn 11,33). Or, l’auteur de Jean choisit dakryō, un mot plus rare dans le Nouveau Testament (c’est son unique occurrence), qui suggère un pleur discret, intérieur, mais profond. Et c’est la main de l’auteur qui parle.
Quel écho avec d’autres texte de la Bible ?
- En Luc 19,41, lorsque Jésus pleure sur Jérusalem, le verbe utilisé est ἔκλαυσεν (eklausen, de klaió), indiquant un sanglot profond.
- En Marc 5,38, les pleureurs autour de la fille de Jaïrus « crient et se lamentent » (klaió).
Ainsi, l’usage de ἐδάκρυσεν en Jean 11,35 suggère un émotion contenue, mais sincère.
2. Contexte immédiat et signification théologique
Jésus pleure après avoir vu Marie et les Juifs pleurer pour Lazare (Jn 11,33). Cela montre une réaction émotionnelle intense, mais retenue.
Ses larmes indiquent plusieurs choses :
Une compassion authentique : Jésus partage la douleur des autres, bien qu’il sache qu’il va ressusciter Lazare (Jn 11,25-26).
Un rejet de la mort : Certains exégètes pensent que ses larmes expriment une indignation face à la souffrance et à la corruption causées par la mort (cf. Jn 11,33 où il est bouleversé).
Une révélation de l’amour de Dieu : Les spectateurs interprètent immédiatement ce geste comme un signe de l’affection de Jésus pour Lazare (« Voyez comme il l’aimait ! », Jn 11,36).
Lien avec l’incarnation : Jean 11,35 est souvent vu comme l’un des plus beaux témoignages de l’humanité du Christ. Il pleure non pas par impuissance, mais par solidarité avec la souffrance humaine.
3. Implications pour l’accompagnement spirituel
Le choix du verbe ἐδάκρυσεν montre que :
Il est légitime de pleurer sans perdre la foi. Jésus, qui est la Vie (Jn 14,6), a pleuré, prouvant que les larmes ne sont pas une marque d’incrédulité, mais d’amour.
L’accompagnement spirituel doit inclure la présence compatissante. Parfois, il n’est pas nécessaire de parler ; être là et partager la douleur suffit.
Dieu est un Dieu qui pleure avec nous. Contrairement aux conceptions philosophiques d’un Dieu impassible, Jean montre un Dieu qui ressent et exprime l’émotion.
En sommes, choix du verbe ἐδάκρυσεν en Jean 11,35 est précis et significatif : il décrit un Jésus ému aux larmes, mais sans lamentation excessive. Ces pleurs sont une manifestation de sa compassion profonde et de son identification à la souffrance humaine, tout en annonçant sa victoire sur la mort.
Jésus pleure, mais il agit aussi. C’est un modèle pour l’accompagnement des souffrants : compatir, être présent et apporter l’espérance.





